Télévision
Tracks
Photo : Ari Gold
Backstage - Les artistes gay
Les homos font-ils la même musique que les hétéros ? Et qu'en est-il de l'égalité et de la fraternité dans l'industrie de la musique ? Tracks a interrogé plusieurs artistes homosexuels, qui ne mâchent pas leurs mots.
"The One You Love" de Rufus Wainwright (real audio - 0mn30)
*Rufus Wainwright
A en croire Elton John, Rufus Wainwright, 32 ans serait le plus grand songwriter de notre époque. Son créneau : les ballades mélancoliques au piano, dans un mélange audacieux de pop, de classique, de folk et de musique alternative. Ce génie excentrique aime les emprunts à l'opéra, à l'opérette et parfois même aux chants religieux. Rufus et la musique, c'est une histoire qui démarre au berceau. Ses parents, Kate et Loudon Wainwright III sont chanteurs et songwriters. Dès sa jeunesse, Rufus se passionne pour l'opéra. Parmi ses modèles musicaux, on trouve Edith Piaf et Judy Garland.
Rufus Wainwright ne recule pas devant la provocation textuelle, comme l'illustre la chanson "Gay Messiah" – messie homosexuel. Un titre qui ne devrait pas choquer que les fondamentalistes chrétiens. La chanson commence avec cette phrase savoureuse "Il ressuscitera et nous reviendra d'un film porno des années 70". Certains passages explicites sur un baptême au sperme peuvent être étudiés dans le livret de l'album.
*Ari Gold
Le new-yorkais Ari Gold est chanteur de R'n'B. Après une enfance de marginal juif dans le Bronx et une adolescence marquée par une starisation précoce, il se lance à l'assaut des charts avec un look sexy et un corps ciselé aux poids et haltères. Mais le public est-il prêt pour un tel phénomène ?
La plupart des chaînes de télé américaines ont censuré le clip de la chanson "Wave of you". Au pays autoproclamé de la liberté, les homos qui s'affichent en se roulant des pelles sur la plage ne sont pas spécialement du goût des chefs politiques du moment. Faire la tapette dans les comédies, d'accord, mais il ne faut pas que ça devienne lascif. A tout prendre, l'Amérique préfère encore les personnages asexuels comme ceux de la série télé Will and Grace.
Ari Gold : "Les gays ont toujours fantasmé sur des artistes hétéro. Mais ce n'est quand même pas terrible pour l'image qu'on a de nous-mêmes. C'est quand même mieux de se sentir allumés par d'autres mecs gay. Même si ce n'est qu'un fantasme, au moins on peut se dire qu'il pourrait nous apprécier en retour."
Quand il s'affiche en sombre objet des fantasmes gays, Ari Gold est un peu trop gay pour les majors. Et donc il a sorti ses deux albums avec son propre label : Gold 18 Records.
Ari Gold : "Il y a des millions de gays qui aiment la musique et qui achètent des disques. Et ils n'achètent pas que de la house ! Ils aiment la pop, le R'n'B ou le rock. A mon avis, les maisons de disques n'ont pas encore saisi l'importance de ce marché. "Ca serait bien nouveau ça, qu'un artiste hétéro se fasse passer pour un homo pour toucher le public gay. Ca n'est pas encore arrivé. Et ce n'est pas mon cas."
*The Hidden Cameras
Le groupe "The hidden cameras" - traduisez par "Les caméras cachées" vient du Canada. Ils appellent leur son "folk religieuse, tendance gay". Ça ne s'invente pas. Le nombre de musiciens peut varier entre 7 et 13, c'est selon. Joel Gibb, homosexuel et fondateur du groupe est l'auteur des chansons. Les textes parlent de pipi-caca, de traces de freins douteuses dans les slips des garçons et de nuits passées dans les darkrooms. Un contrepoint flagrant avec l'homosexualité glamour et culturiste habituelle.
Leurs chansons sont clairement pop, mais ils les célèbrent comme une messe et décrivent l'acte sexuel comme une délivrance. A Toronto, où ils habitent, ils jouent généralement dans les églises. Mais pour leurs concerts, ils se rendent dans les temples du voyeurisme : les cinémas porno. Le Canada est un pays libéral. Contrairement à ce qui se passerait aux USA, Joel Gibb n'a pas pour obligation d'apposer sur son CD l'autocollant "Autorisation parentale". Pourtant, ses attaques contre le clergé et l'Etat sont sévères. Dans la chanson "Ban Marriage – bannissons le mariage" le groupe pastiche les formulations des fous de dieu pour réclamer l'interdiction du mariage. Une allusion plus qu'ironique à la résistance contre le mariage homosexuel.
Chacun à leur manière, Rufus Wainwright, Ari Gold, Joel Gibb et ses « Hidden Cameras » ne se gênent pas pour critiquer la société ou la politique. Leurs chansons sont pour le moins sarcastiques. Et George Bush, gardien du temple des bonnes mœurs, en prend comme qui dirait plein le museau. Ce qui prouve bien que les artistes qui « en ont » ne sont pas forcément ceux qui s'affichent gay simplement parce que c'est à la mode dans les médias.
*Liens :
Le site officiel d'Ari Gold
Le site officiel de The Hidden Cameras
Le site officiel de Rufus Wainwright
Albums
"The Smell of Our Own" de The Hidden Cameras
chez Roughtrade
"Space Under Sun" d'Ari Gold
chez Gold18 Records
"Want Two" de Rufus Wainwright
chez Universal
www.arte.tv
Photo : Ari Gold
Backstage - Les artistes gay
Les homos font-ils la même musique que les hétéros ? Et qu'en est-il de l'égalité et de la fraternité dans l'industrie de la musique ? Tracks a interrogé plusieurs artistes homosexuels, qui ne mâchent pas leurs mots.
"The One You Love" de Rufus Wainwright (real audio - 0mn30)
*Rufus Wainwright
A en croire Elton John, Rufus Wainwright, 32 ans serait le plus grand songwriter de notre époque. Son créneau : les ballades mélancoliques au piano, dans un mélange audacieux de pop, de classique, de folk et de musique alternative. Ce génie excentrique aime les emprunts à l'opéra, à l'opérette et parfois même aux chants religieux. Rufus et la musique, c'est une histoire qui démarre au berceau. Ses parents, Kate et Loudon Wainwright III sont chanteurs et songwriters. Dès sa jeunesse, Rufus se passionne pour l'opéra. Parmi ses modèles musicaux, on trouve Edith Piaf et Judy Garland.
Rufus Wainwright ne recule pas devant la provocation textuelle, comme l'illustre la chanson "Gay Messiah" – messie homosexuel. Un titre qui ne devrait pas choquer que les fondamentalistes chrétiens. La chanson commence avec cette phrase savoureuse "Il ressuscitera et nous reviendra d'un film porno des années 70". Certains passages explicites sur un baptême au sperme peuvent être étudiés dans le livret de l'album.
*Ari Gold
Le new-yorkais Ari Gold est chanteur de R'n'B. Après une enfance de marginal juif dans le Bronx et une adolescence marquée par une starisation précoce, il se lance à l'assaut des charts avec un look sexy et un corps ciselé aux poids et haltères. Mais le public est-il prêt pour un tel phénomène ?
La plupart des chaînes de télé américaines ont censuré le clip de la chanson "Wave of you". Au pays autoproclamé de la liberté, les homos qui s'affichent en se roulant des pelles sur la plage ne sont pas spécialement du goût des chefs politiques du moment. Faire la tapette dans les comédies, d'accord, mais il ne faut pas que ça devienne lascif. A tout prendre, l'Amérique préfère encore les personnages asexuels comme ceux de la série télé Will and Grace.
Ari Gold : "Les gays ont toujours fantasmé sur des artistes hétéro. Mais ce n'est quand même pas terrible pour l'image qu'on a de nous-mêmes. C'est quand même mieux de se sentir allumés par d'autres mecs gay. Même si ce n'est qu'un fantasme, au moins on peut se dire qu'il pourrait nous apprécier en retour."
Quand il s'affiche en sombre objet des fantasmes gays, Ari Gold est un peu trop gay pour les majors. Et donc il a sorti ses deux albums avec son propre label : Gold 18 Records.
Ari Gold : "Il y a des millions de gays qui aiment la musique et qui achètent des disques. Et ils n'achètent pas que de la house ! Ils aiment la pop, le R'n'B ou le rock. A mon avis, les maisons de disques n'ont pas encore saisi l'importance de ce marché. "Ca serait bien nouveau ça, qu'un artiste hétéro se fasse passer pour un homo pour toucher le public gay. Ca n'est pas encore arrivé. Et ce n'est pas mon cas."
*The Hidden Cameras
Le groupe "The hidden cameras" - traduisez par "Les caméras cachées" vient du Canada. Ils appellent leur son "folk religieuse, tendance gay". Ça ne s'invente pas. Le nombre de musiciens peut varier entre 7 et 13, c'est selon. Joel Gibb, homosexuel et fondateur du groupe est l'auteur des chansons. Les textes parlent de pipi-caca, de traces de freins douteuses dans les slips des garçons et de nuits passées dans les darkrooms. Un contrepoint flagrant avec l'homosexualité glamour et culturiste habituelle.
Leurs chansons sont clairement pop, mais ils les célèbrent comme une messe et décrivent l'acte sexuel comme une délivrance. A Toronto, où ils habitent, ils jouent généralement dans les églises. Mais pour leurs concerts, ils se rendent dans les temples du voyeurisme : les cinémas porno. Le Canada est un pays libéral. Contrairement à ce qui se passerait aux USA, Joel Gibb n'a pas pour obligation d'apposer sur son CD l'autocollant "Autorisation parentale". Pourtant, ses attaques contre le clergé et l'Etat sont sévères. Dans la chanson "Ban Marriage – bannissons le mariage" le groupe pastiche les formulations des fous de dieu pour réclamer l'interdiction du mariage. Une allusion plus qu'ironique à la résistance contre le mariage homosexuel.
Chacun à leur manière, Rufus Wainwright, Ari Gold, Joel Gibb et ses « Hidden Cameras » ne se gênent pas pour critiquer la société ou la politique. Leurs chansons sont pour le moins sarcastiques. Et George Bush, gardien du temple des bonnes mœurs, en prend comme qui dirait plein le museau. Ce qui prouve bien que les artistes qui « en ont » ne sont pas forcément ceux qui s'affichent gay simplement parce que c'est à la mode dans les médias.
*Liens :
Le site officiel d'Ari Gold
Le site officiel de The Hidden Cameras
Le site officiel de Rufus Wainwright
Albums
"The Smell of Our Own" de The Hidden Cameras
chez Roughtrade
"Space Under Sun" d'Ari Gold
chez Gold18 Records
"Want Two" de Rufus Wainwright
chez Universal
www.arte.tv