Télévision
« Le bataillon sacré de Thèbes : Les autres 300 »
Doc. Histoire, Grèce, Italie, Autriche, Allemagne, 2023, 1h27, VF/VOSTT
Diffusé le samedi 15 novembre 2025 à 20h55 sur ARTE
Dans la Grèce antique, un bataillon de combattants thébains, longtemps réputé invincible, aurait selon certains auteurs été constitué de cent cinquante couples d'hommes. S’appuyant sur de récentes découvertes archéologiques, ce documentaire retrace l’histoire d’une troupe d’élite qui pourrait bousculer notre vision de la guerre et de l’amour.
En - 379, des Thébains exilés, menés par Pélopidas, parviennent à reconquérir leur ville, occupée depuis trois ans par les Spartiates. C’est dans ce contexte qu’est fondé le bataillon sacré, un corps d’élite qui va faire de la capitale de la Béotie l’une des plus puissantes cités-États de Grèce au IVe siècle avant notre ère. Sa particularité : il aurait été composé, au moins en partie, de paires d’amants. Alors que les couples masculins sont reconnus par la loi thébaine, la phalange s'appuierait sur le sentiment amoureux pour décupler le courage de ses soldats. Mais après quatre décennies d'invincibilité, les visées expansionnistes de Philippe II de Macédoine et de son fils Alexandre mettent fin à sa gloire : la coalition grecque est défaite à la bataille de Chéronée en 338 av. J.-C., et les “300”, tombés au champ d’honneur, sont enterrés sur place dans une sépulture collective.
Si le tombeau, surmonté d’une statue de lion, a été mis au jour en 1879 par Panayotis Stamatakis, les relations amoureuses des membres du bataillon sacré ont été complètement passées sous silence à l’époque – l’homosexualité étant considérée comme un délit voire un crime dans l’Europe du XIXe siècle. À travers les dernières découvertes des archéologues et des historiens, qui ont notamment pu approcher la violence de leur ultime combat, ce documentaire retrace l’histoire singulière du contingent thébain, sur fond de lutte pour l’hégémonie en Grèce. S’appuyant sur des reconstitutions des fouilles menées par Stamatakis et des séquences d’animation mettant en scène un jeune couple de guerriers, le documentaire s’intéresse par ailleurs aux rituels funéraires et à la liberté sexuelle dans l’Antiquité, et questionne les stéréotypes, teintés d’homophobie, encore trop souvent associés au courage et à l’héroïsme.
Auteur de Danielle Proskar, Rea Apostolides
Diffusion à 22h25 « Transition de genre, accompagner son enfant »
Doc. Société, Allemagne , 2025, 53 min, VF/VOST
Trois jeunes personnes entament une transition de genre, accompagnées par leurs familles respectives. Un documentaire d’une grande justesse, qui lève le voile sur le parcours complexe des personnes transgenres.
"Je m’appelle Amelio, j’ai 15 ans et je suis un garçon. Pour moi c’est une évidence, j’ai toujours été un mec", confie le jeune Autrichien. Comme lui, Blake et Kira (dont les prénoms sont ceux qui ont été choisis lors de leur transition) sont des personnes transgenres, c’est-à-dire nées dans un corps de fille ou de garçon, qui n’est pas en adéquation avec leur genre ressenti. Or, à la puberté, le développement des organes sexuels et, avec eux, des caractères sexuels secondaires (mue de la voix, croissance des seins, pilosité...) peut générer, dans le parcours des jeunes gens trans, une détresse aiguë liée à l’inadéquation entre le corps sexué et l’identité de genre. Cette "dysphorie" peut parfois mener à des épisodes dépressifs ou à des actes d’automutilation. Afin de mieux connaître et comprendre ce que ces adolescents traversent, trois familles concernées acceptent de lever le voile sur le parcours complexe de leurs enfants, âgés de 15 à 17 ans.
C’est un sujet brûlant, aux implications cruciales pour les premiers concernés : que faire quand son enfant se sent grandir dans un corps qui ne correspond pas à son identité de genre ? Faut-il retarder médicalement la puberté, pour ouvrir la voie à une éventuelle transition hormonale à l’adolescence, ou laisser à l’enfant le temps de mûrir son choix, au risque de lui faire vivre une puberté qu'il rejette et d’aggraver son mal-être ? Aux côtés de médecins spécialisés, ce documentaire d’une grande justesse suit trois jeunes personnes transgenres et leur famille dans un parcours jalonné de bouleversements, de doutes et d’interrogations, mais toujours guidé par l’intérêt supérieur de l’enfant. Car Amélio, Blake ou Kira n’aspirent qu’à une chose : être à l’extérieur comme ils se sentent à l’intérieur.
Diffusion à 23h15 « I Am What I Am : Fière d'être une femme »
Doc. Société, Allemagne, Israël, 2025, 1h21, VF/VOST
Après plus de trente-cinq ans d’exil, la pionnière trans Efrat Tilma revient en Israël au milieu des années 2000. Face à la menace que le gouvernement Netanyahou fait peser sur la communauté LGBTQIA+, elle s’engage aux côtés de jeunes militants pour un vibrant combat en faveur de l’égalité.
Dans les années 1960, Efrat Tilma doit quitter Israël après avoir été victime de violences sexuelles et persécutée par la police en tant que femme trans. C'est le début d'un exil de trente-cinq ans, durant lequel elle passe par le célèbre cabaret parisien Madame Arthur, entreprend une chirurgie de réassignation à Casablanca, et démarre une nouvelle vie à Berlin. En 2005, elle décide de retourner affronter son passé en Israël. Elle y découvre un pays transformé, plus ouvert, devenant même médiatrice pour la communauté trans au sein de la police israélienne. Mais le retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou s'accompagne d’une forte montée de la discrimination politique et des violences contre la communauté LGBTQIA+. Cette fois, pourtant, Efrat Tilma est déterminée à rester.
Désignée comme l’une des "cent femmes les plus influentes de l’année" par la BBC, Efrat Tilma compte parmi les premières personnes transgenres en Israël à avoir révélé publiquement son identité. Mêlant archives personnelles et entretiens intimistes, ce documentaire brosse le portrait d’une femme courageuse qui, après quelques hésitations, reprend le combat pour l’égalité aux côtés de militants de la nouvelle génération, afin que son histoire personnelle ne se reproduise jamais. La pionnière livre un témoignage d'une grande justesse, à la fois écho pudique de sa solitude et vibrant appel à la solidarité, qui met en exergue la vulnérabilité des personnes trans et le recul des droits sociaux en Israël
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