Cinéma

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HAPPY TOGETHER

Hong-Kong, 1997, CL, 96'
Réalisation WONG KAR-WAI
Scénario WONG KAR-WAI
Prise de vues Christopher Doyle
Montage William Chang Suk-ping
Production Wong Kar-wai, Block 2 Picture, Prénom H, Seowoo Film, Jet Tone,ARTE FRANCE / ARD
Musique Danny Chung, Astor Piazzolla, Frank Zappa, Caetano Veloso...
Interprètes Leslie Cheung Kwok-wing (Ho Po-wing), Tony Leung Chiu-wai (Lai Yin-fai), Zhang Zhen (Chang)
Récompenses - Prix de la mise en scène à Wong Kar-wai, Festival de Cannes (1997)
- Cheval d'Or (Golden Horses, Taiwan (97), pour la meilleure photo + 2 nominations
- Prix du Meilleur Acteur pour Tony Leung au Festival Film Awards de Hongkong (97) + 8 nominations dont WKW, Leslie Cheung et Zhang Zhen.
- Prix du mérite décerné par la H-K Film Critics Society (98).
- Prix du Public (film étranger le plus populaire) au Festival du Film International de l'Arizona (1998).


L'HISTOIRE :

Lai Yiu-Fai (Tony Leung) et Ho Po-Wing (Leslie Cheung) forment à Hong-Kong un couple homosexuel qui bat quelque peu de l'aile.
A chaque crise, Po-Wing propose de "repartir à zéro"...
Sur un début en noir et blanc et après une scène de sexe entre les deux amants aussi crue que passionnée, Fai et Po-Wing décident de partir en Argentine et une fois là-bas d'aller voir les fameuses chutes d'Iguazu à la frontière avec le Brésil...
Po-Wing apparaît facilement coléreux et sans doute caractériel tandis que Fai, plus renfermé, semble se soumettre aux désirs de son ami malgré quelques réactions sporadiques...
C'est Fai qui, en voix "off" exprimant son monologue intérieur, nous raconte l'histoire...
Sur le chemin (avorté) d'Iguazu, les deux amants se séparent, Fai ferme les yeux et un plan-séquence (en couleur) nous montre, en vue aérienne les chutes d'Iguazu sur la première musique argentine du film (le 'Cucurrucucu Paloma" de Caetano Veloso)...

Une fois à Buenos Aires, tandis que Fai gagne difficilement sa vie en servant de rabatteur de touristes pour le "Tango Bar", Po-Wing se prostitue et dépense l'argent du couple, empêchant ainsi Fai de rentrer à Hong-Kong...
Une première tentative de retrouvailles à l'initiative de Po-Wing échoue, les deux hommes en venant aux mains et Fai, ivre, laisse Po-Wing en pleurs...
Ils se revoient une deuxième fois après que Po-Wing ait été battu on ne sait trop par qui mais Fai ne veut plus entendre parler de lui...
Un autre jour Po-Wing débarque chez Fai, le visage et les mains ensanglantés et lui propose naturellement de "repartir à zéro"...
Le film passe alors à la couleur...
Po-Wing, qui a emménagé chez son ami, ayant les deux mains bandés, Fai lui sert de nounou, lui donnant à manger, le lavant mais refusant de coucher dans le même lit que lui.
Cependant, même lorsqu'il est malade, il cède aux divers caprices du lunatique Po-Wing réclamant à manger...
Plus tard, ce même Po-Wing lui apprend à danser le tango dans la cuisine collective de leur immeuble...

Un soir où il a trop bu, Fai quitte son travail après s'y être battu et en trouve un autre aux cuisines d'un restaurant. Là, y travaille un autre jeune Chinois, Zhang (Zhang Zhen), garçon assez "cool" qui prend plaisir à observer et écouter les autres car, dit-il, "On voit mieux avec les oreilles "...
Une fois rétabli , Po-Wing ne travaille pas et sort de plus en plus souvent seul la nuit.
Lorsqu'il cherche son passeport et ne le trouve pas, Fai (qui l'a dissimulé afin qu'il ne puisse partir) refuse de le lui rendre...
Au restaurant, Fai et Zhang sympathisent et boivent des verres ensemble.
Zhang annonce son intention de partir voir
"le bout du monde" à Ushuaïa.
Fai lui raconte qu'il y a là-bas un phare où se rendent "les malades d'amour" qui "y laissent leur chagrin" [ce qui semble annoncer le temple cambodgien et ses "trous à secrets " de la fin d'In the Mood For Love...]...
Zhang demande à Fai d'enregistrer sur son baladeur "quelque chose de triste " qu'il laissera pour lui au phare.
On a droit là à une très belle scène: tandis que Zhang est allé danser, Fai s'enregistre.
On n'entend pas sa voix, on le voit seulement pleurer... Puis Zhang part pour Ushuaïa...

Fai travaille ensuite de nuit dans un abattoir (ce qui lui permet de "vivre à l'heure de Hong-Kong ").
A son interrogation: "Hong-Kong se trouve de l'autre côté de la Terre.
Comment c'est Hong-Kong à l'envers ? ", Wong Kar-Wai répond en montrant d'étonnantes prises de vue de la ville chinoise cul par-dessus tête !
Avant de rentrer au pays (et après avoir rendu son passeport à Po-Wing sans l'avoir revu), Fai écrit à son père avec qui il est brouillé et emploie avec une subtile variation les mots de Po-Wing: "Laisse-moi repartir à zéro..." Puis il se rend à Iguazu... Po-Wing, resté dans l'appartement avec sa solitude, sa tristesse et ses larmes, rêve devant la lampe représentant (en animé !) les chutes d'Iguazu. Là-bas, Fai ne peut s'empêcher d'évoquer Po-Wing "car ils auraient dû y être ensemble "...

En janvier, Zhang se trouve au phare d'Ushuaïa. On apprend (de lui aussi on entend les pensées) qu'il avait quitté Taipei pour ne plus vendre de nouilles avec ses parents.
Il laisse sur place les chagrins de Fai, "Pas de paroles, rien qu'un son étrange. Comme si on pleurait..."
Puis il repart pour Taipei...
C'est dans la capitale taiwanaise que Fai se retrouve le 20 février 1997, jour de la mort à Pékin de Deng Xiao Ping.
Avant de retourner à Hong-Kong, il se rend au marché de nuit de Taipei manger à l'étal des parents de Zhang à qui il dérobe une photo de leur fils....

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