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« Le nu c'est pour les amateurs »

En matière d'image, Aaron Cobbett est vite devenu une des références majeures de la nouvelle génération de photographes américains. Après avoir exposé un peu partout dans le monde entier, ses photos, principalement de mode, le photographe a décidé de se consacrer à son premier « album photo » dédié au corps masculin. Pour le plaisir de nos yeux, l'artiste mêle somptueusement la matière des tissus à celle de la chair, celle des hommes comme on les aime, le tout baignant dans une atmosphère sortie tout droit d'un rêve. Un album qui retrace le travail d'un « grand », réunissant à la fois ses photos les plus emblématiques et ses travaux les plus récents. Attention messieurs... La température de la pièce risque d'en prendre un coup !


Pin-up au masculin

« Le nu, c'est pour les amateurs », affirme Aaron Cobbett ! Là, j'en connais certains qui risquent d'en prendre pour leur grade... Mais effectivement, lorsqu'on tient ce superbe album dont la couverture est matelassée et si douce au touché, on comprends aux premiers regards sur ses clichés que l'artiste préfère suggérer que de montrer. Quand en 2007 il est devenu si simple de prétendre au titre de « photographe », alors qu'on a parfois que de professionnel que l'appareil (et encore), les sites de « photos de nu » poussent de partout sur le net. En gros, lorsque la société a tendance à déshabiller l'homme, Aaron Cobbett lui rhabille ses modèles, devenus depuis près de deux décennies ce qu'il appelle le style « Pin-up masculin ». Rappelez-vous ces femmes du temps de la première guerre mondiale, aux poses et tenues très érotiques, qu'on placardait un peu partout pour « remonter le morale des troupes armées »... L'artiste déclarerait-il la guerre à la mode porno en voulant relancer l'idée de l'érotisme ?

Subtil l'artiste

Mêmes si ceux-ci ne sont pas généralement très habillés, le secret de l'artiste repose dans le fait qu'aucune matière ne vient enlever le pouvoir des formes de ses modèles. Suggérer disait-il... Si en effet il est rare d'apercevoir les parties anatomiques de ces charmants messieurs, on ne peut pas dire que notre imagination n'a rien à se mettre « sous la dent », à défaut de se le mettre ailleurs. Au premier regard ces photos peuvent se révéler au « grand public » être des photos de mode « comme les autres », mais les yeux un peu promeneurs auront vite fait de repérer certaines érections, ou autres formes bien généreuses sous un tissu qui au lieu de dissimuler aurait tendance à sublimer. Du grand art donc...

Cobbett nous invite au ménage à trois...

Les tissus et leur capacité à épouser un corps sont une des préoccupations principale de l'artiste qui accorde beaucoup d'importance aux mensurations de ses modèles. En admirant le résultat de ses shootings photos, on peut aisément deviner la tension sexuelle et l'intime complicité des essayages transformant le scénario en véritables phantasmes dont les acteurs principaux forment un couple se laissant volontairement « mater » par notre regard voyeur. Cobbett couvre Narcisse de matières brillantes, scintillantes mais toujours viriles, le poussant finalement à devenir infidèle à lui-même.

L'image exhibe un phantasme

Nombreux sont les personnalités qui se sont assises face à l'objectif de Cobbett... Dans la liste on peut retrouver John Waters, Linda Blair, Helen Gurley Brown, Elvira. Notons au passage qu'un certain Elton John, fervent admirateur du travail de l'artiste, s'est déjà approprié quelques originaux de Cobbett, sans doute histoire de les afficher dans sa chambre, au dessus de son lit.

Nous ne pouvons que vous inviter à vous rendre dans les libraires gays du coin afin de vous procurer ce superbe ouvrage, qui égayera vos futures soirées en solitaire ou en couple. Après tout, comme Cobbett peut se susurrer dans chacun de ses petits chef-d'œuvres, « plus on est de fous, plus on jouit... » Ou quelque chose comme ça en tout cas !

www.homogene.be

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