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La cultures arabo-berbères et musulmanes

La cultures arabo-berbères et musulmanes (Beurs et des Maghrébins de France) à lire absolument !

Les traditions culturelles maghrébines, et notamment religieuses, interprètent l'homosexualité masculine comme une série de défaillances. Défaillance familiale : absence de procréation et de filiation donc humiliation des parents et surtout du père (dont le nom ne sera pas transmis). Défaillance religieuse : absence de mariage (sacré) donc abandon de la foi, on devient impie. Défaillance individuelle : c'est un abandon de masculinité, on perd le statut d'homme (puisqu'on ferait sexuellement la femme). Paradoxalement un maghrébin marié et père de famille peut sodomiser un autre homme sans qu'il ne se considère comme homo. Car en effet, les prescriptions (sociales) - mariage, procréation, filiation - comme les prescriptions (sexuelles) - pénétrer (ne pas être sodomisé) - qui sont définies culturellement à travers son genre masculin, sont remplies.

Donc l'homosexualité des sujets d'origine maghrébine n'est pas vraiment un problème d'orientation sexuelle en soi, mais plutôt d'impossibilité à remplir les rôles socio sexuels qu'on attend de l'individu de sexe mâle et de genre masculin. Ce qui importe c'est son statut marital et reproductif, le rôle sexuel adopté aussi, non pas la qualité de l'orifice qu'il pénètre (même si bien sûr cela était encore plus vrai avant que de nos jours). Ainsi, c'est l'adultère, l'absence de mariage ou de filiation qui posent problème le plus.

Mais aussi, la question de la séparation des sphères privée et publique est ici importante. Car, dans le contexte d'un tabou sociétal généralisé sur les questions de sexualité, on observe « une volonté de ne pas savoir » l'éventuelle homosexualité dans les cultures maghrébines. Un homme (marié ou pas d'ailleurs) peut avoir des rapports sexuels avec des hommes mais à condition que cela reste discret, secret, privé.

On ne parle jamais de ce qui se passe dans les hammams par exemple, sauf quelques rares exceptions lorsqu'on est entre proches copains (pour se venter ou stigmatiser un rival). Lorsque ces représentations culturelles sont fidèlement respectées et revendiquées dans l'environnement social, familial et territorial des individus concernés, la pression homophobe est alors souvent importante : se faire insulter, séquestrer, tabasser et violer parce qu'on est homo est une réalité dont on a beaucoup de témoignages...

La honte, la peur et la crise d'identité que génère et que nourrit cette homophobie induisent chez les beurs ou Maghrébins qui se sentent attirés par les garçons trois principales stratégies d'adaptations :

1) Le bannissement social, familial et géographique (subi ou choisi) qui s'accompagne souvent d'une distanciation d'avec les valeurs traditionnelles et religieuses.

2) La dissimulation de l'homosexualité (avec double vie parfois : copine ou mariage dans le lieu de résidence, backrooms et rencontres via Internet dès que c'est possible).

3) Le refoulement total de l'orientation (homo) sexuelle (avec des troubles psychologiques qui sont alors souvent préoccupants).

On peut dire que les représentations traditionnelles des cultures maghrébines en matière de genre accentuent les violences symboliques et physiques que peuvent vivre les sujets concernés, et freinent ainsi la construction individuelle menant au coming-out. Cela entrave conséquemment la possibilité des homos beurs d'avoir des représentations et des interactions sociales semblables à celles des homosexuels de la culture dominante, les gais de la culture française ; l'identification au modèle gai est difficile et la perte d'estime de soi souvent importante.

Personne ne peut nier qu'il existe des discriminations ethniques et raciales en France. D'un point de vue général, le racisme peut induire, par réaction, chez certains membres de la population d'origine maghrébine, une perception de l'homosexualité comme étant occidentale. Pour ces personnes, l'Occident ayant perdu ses valeurs comme la famille, la solidarité, il se serait alors produit l'émergence de l'homosexualité...

Accepter le développement de la culture gaie c'est accepter la perte des valeurs morales et religieuses. Certains parents en viennent à penser que c'est la France qui a rendu leur fils homosexuel. Ainsi, celui qui « devient » homosexuel a renié sa culture et ses origines, il n'est plus arabe, berbère, maghrébin, musulman, etc..

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