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Publié le par STÉPHANE'S BLOGS

Lille à la 6e place d’un classement des villes les plus « gay friendly » de France

Le magazine « Têtu » vient de sortir son classement des villes de France les plus « gay friendly », hors Paris. Lille est à la 6e place (elle était 3e en 2009, 5e en 2012). « Très honorable », juge le magazine qui a sondé 25 villes ou aires urbaines. Dans la capitale des Flandres, les associations lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) n’adhèrent pas forcément à ce genre de classement, et nuancent certains critères de notation. Lille, 6e, mais peut mieux faire.

La Gay Pride, samedi à Lille, devrait réunir entre 10 000 et 15 000 militants.

La Gay Pride, samedi à Lille, devrait réunir entre 10 000 et 15 000 militants.

Comment peut-on dire qu’une ville est gay friendly, « amicale » pour la communauté lesbienne, gay, bi et trans ? Si l’on recense les lieux de sortie (bars, saunas, discothèques), Lille est loin d’occuper le haut du tableau. On compte quelques institutions du Vieux-Lille (Vice Versa, Privilège, Manhattan), mais beaucoup de bars ferment au bout d’un an ou deux. Si le critère retenu est associatif, Lille se place bien, avec 10 000 à 15 000 militants participant à la Gay Pride depuis dix-neuf ans, avec un réseau riche et structuré d’une trentaine d’associations.

Pour être le plus fidèle à la réalité, Têtu a croisé cinq critères : les politiques publiques de lutte contre les discriminations ; le dynamisme associatif ; les lieux de sortie ; l’offre culturelle ; et le « bien-être ressenti » (4 000 lecteurs sondés entre fin mars et début avril).

Lyon est en tête, devant Toulouse et Montpellier. Suivent Nantes, Nice et Lille. En 2009, seules Lyon et Montpellier devançaient Lille. « La ville n’a pas à rougir, son classement est honorable pour une ville de cette taille, juge pour nous la rédaction de Têtu. Mais on aurait apprécié des signes plus proactifs, localement, de la part de Martine Aubry, une politique plus explicite. » Le magazine rappelle cependant qu’elle a été l’un des premiers maires de France à organiser des cérémonies républicaines pour les PACS, et qu’elle a su « relayer les revendications LGBT », notamment sur l’accès à la procréation médicalement assistée quand elle était première secrétaire du PS. Mais Têtu attend plus désormais. « En terme d’engagement spécifique à Lille, on est resté sur notre faim. »

Point faible : les sorties

Les lieux de sortie sont aussi désignés comme un point faible lillois, ce qui lui fait perdre une place ou deux. Alain Poignie, patron du S Club, nouvelle discothèque de la rue de Wazemmes, explique : « Tous mes amis m’ont incité à lancer cette boîte. À Lille, il n’y avait que la Tchouka. Ensuite, il fallait aller à Paris, en Belgique, en Hollande… » Têtu observe que Lille est victime d’une « proximité avec d’autres métropoles » qui freine le développement des bars et boîtes. L’offre culturelle est quant à elle bien notée par le magazine, qui cite les festivals Ô Mots et Je(ux) de genres, mais oublie le Festival du film Nord - Pas-de-Calais, itinérant, passé par Lille, Calais, Cambrai, Douchy-les-Mines… « On a aussi droit à une vie LGBT quand on n’est pas de Lille ! », plaide-t-on à l’Égide, maison des associations LGBT. « Finalement, sur le territoire de la région, beaucoup se fait. Ce classement est un outil intéressant, il permet de montrer des villes ouvertes, de pointer les évolutions », ajoute le président de l’Égide.

« Pour moi, ce classement est totalement gadget », dénonce Franck Danvers, président de l’association Lesbian & gay pride, qui organise la Gay Pride de Lille samedi. « Têtu se base sur 2013, une année spéciale avec les débats sur le mariage pour tous. » Année où l’ambiance s’est tendue (lire ci-dessous). « La Gay Pride prend des allures festives, mais reste un événement militant. » Militer pour que l’homosexualité « entre dans la normalité », résume David Raynaud, délégué régional de SOS Homophobie.

Un jeune homme rencontré ce mardi vit à Wazemmes depuis quatre ans, adore ce quartier, mais « je ne prends pas la main de mon copain n’importe où, pas au marché le dimanche matin, j’évite la station de métro Wazemmes le soir, je sors à Gambetta… », confie-t-il. Des malaises qui touchent les secteurs populaires, à Lille ou ailleurs dans la métropole. Les insultes et agressions existent encore. Il y a eu celle, médiatisée, du Vice Versa. « Et puis tous ces petits actes, ici et là… », rappelle l’Égide. Têtu pointe ces tensions, pas friendly du tout.

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