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Publié le par Stéphane's Blogs

Peter von Kant : Photo Denis Ménochet, Khalil Gharbia

Peter von Kant : Photo Denis Ménochet, Khalil Gharbia

« Peter von Kant »

Film Drame, France, 2022, 1h21, VF

Diffusé le mercredi 21 octobre 2026 à 23h35 sur ARTE

Un réalisateur égocentrique et dominateur se laisse consumer par son amour pour un jeune inconnu… Un huis clos drôle et incisif, bel hommage de François Ozon à Rainer Werner Fassbinder à travers un portrait de l'artiste en monstre vulnérable, magistralement interprété par Denis Ménochet.

Le réalisateur Peter von Kant, figure adulée du cinéma d'auteur européen, se remet d'une récente rupture amoureuse dans son luxueux appartement de Cologne quand son amie Sidonie lui présente un jeune homme aussi séduisant que prometteur, Amir. Sous le regard sensible de Karl, son assistant personnel, Peter en tombe follement amoureux et décide d'en faire la vedette de son prochain film. Amir, lui, ne tarde pas à affirmer son indépendance avec une insolence qui met à rude épreuve les sentiments de son protecteur…

Hommage et trahison

Plus de vingt ans après Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, François Ozon revient à la source Fassbinder, un metteur en scène dont l'univers et l'énergie créatrice l'inspirent depuis ses débuts, en adaptant cette fois l'une de ses œuvres phares, Les larmes amères de Petra von Kant (1971). Non sans malice, il prend cependant le soin de glisser son hommage derrière une apparente trahison : le personnage de Petra devient Peter, un réalisateur, lequel ressemble beaucoup à Fassbinder… Dans le rôle de ce démiurge égocentrique et dominateur, rendu vulnérable par ses excès, Denis Ménochet se livre corps et âme, prouvant l'étendue de son immense talent. Émaillé de chansons vintage, dans des couleurs qui changent au gré des sentiments et des saisons, ce huis clos théâtral n'est pas qu'un exercice de style à l'esthétique maîtrisée. Derrière l'artifice et la caricature (délicieuse Isabelle Adjani en diva cocaïnée), il y a la passion, les doutes et les fêlures, sans oublier un émouvant personnage de mère qu'Ozon confie symboliquement à Hanna Schygulla, la plus célèbre muse de Fassbinder.

De François Ozon

Avec Denis Ménochet, Isabelle Adjani, Khalil Ben Gharbia, Hanna Schygulla, Stefan Crepon, Aminthe Audiard

Musique de Clément Ducol

Scénario de François Ozon

Produit par François Ozon

Voix française de Margit Carstensen

Peter von Kant : Photo Denis Ménochet, Khalil Gharbia

Peter von Kant : Photo Denis Ménochet, Khalil Gharbia

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